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Auguste Herbin, le maître révélé

Exposition du 15 mars au 15 septembre 2024

 

Paysage à Céret

Le Musée de Montmartre consacre une exposition rétrospective à Auguste Herbin (1882-1960).

Le peintre Auguste Herbin est le secret le mieux gardé de l’aventure de l’art moderne. Il a pourtant pris une part active à toutes les ruptures créatives du XXème siècle : fauvisme, cubisme, abstraction. Celui qui, pendant dix-huit années, a vécu au Bateau-Lavoir aboutit dans son ultime manière à un alphabet plastique à visée universelle.

Le musée de Montmartre Jardins Renoir est le premier musée parisien à consacrer une exposition rétrospective à Auguste Herbin, dans la ville où il a créé toute sa vie. Elle retrace, avec des œuvres souvent inédites, les sept périodes de création du peintre : postimpressionnisme, fauvisme, cubisme, objets monumentaux, nouvelle figuration, première et seconde abstraction. Herbin retrouve ici sa juste place dans l’histoire de l’art moderne, et nous donne à découvrir des œuvres de tout premier plan pour chacune des périodes créatrices traversées.

Repéré par les plus grands marchands du XXème siècle, Auguste Herbin a été de toutes les expositions ayant forgé l’histoire des avant-gardes. Il est présent dans les collections les plus mythiques du XXème siècle naissant, des Allemands Wilhelm Uhde et Henry Simms aux Russes Sergueï Chtchoukine et Ivan Morozov. Herbin est alors exposé dans toute l’Europe. Il est parmi les premiers peintres fauves, dès 1905. Au Salon des Indépendants de 1908, il montre des œuvres cubistes. Dès 1913, il a déjà une carrière internationale remarquée par la critique française et étrangère. Ses reliefs et objets monumentaux des années vingt n’ont pas d’équivalent en France mais l’inscrivent dans une avant-garde internationale ; celle du constructivisme et du néoplasticisme. Son travail est présent dans l’iconique catalogue de l’exposition « Cubism and abstract art » en 1936 dans le tout nouveau Musée d’art moderne de New York.

Après une évolution intérieure singulière ponctuée par une volte-face réaliste parmi les plus captivantes dans ce qu’il est convenu d’appeler le « Retour à l’ordre », il devient dans la France de l’entre-deux-guerres le pionnier et le promoteur d’une abstraction pure, chargée d’humanité et d’une exceptionnelle clarté. L’influence d’Auguste Herbin s’amplifie dans la seconde moitié du XXème siècle. Son ultime langage pictural consiste en un alphabet plastique (1942), un espéranto radicalement débarrassé de l’objet, qui l’aide à affirmer une liberté souveraine. Il devient un mentor pour les futurs maîtres de l’abstraction géométrique et de l’Op Art, et ce, de l’Europe aux Amériques. Cette exposition porte un caractère d’évidence pour des raisons qui vont bien au-delà des années montmartroises du peintre, elles-mêmes cruciales. Animé par la conscience de l’absolu comme l’écrivit Jean Cassou, il cultive une discrétion de travailleur acharné. Il laisse une œuvre multiple, originale et singulière, celle d’un maître à part entière.

Le musée de Montmartre propose de découvrir toute l’œuvre magistrale de ce défricheur infatigable injustement oublié

COMMISSARIAT :

Céline Berchiche, docteure en histoire de l’art moderne et contemporain, critique d’art membre de l’AICA, responsable de la conservation de la succession de Ladislas Kijno

Mario Choueiry, historien de l’art, enseignant à l’École du Louvre et à la Sorbonne Abu Dhabi, chargé de mission à l’Institut du monde arabe

  • 15 mars 2024 - 15 septembre 2024