Bateau-Lavoir

bateau lavoir

ACCÈS

Où voir le Bateau-Lavoir ?

Carte Montmartre Bateau Lavoir 75018 Paris

13, PLACE EMILE GOUDEAU
75018 PARIS

 : ABBESSES
MONTMARTROBUS : ARRÊT ABBESSES

Le Musée de Montmartre évoque, dans ses collections permanentes, à quel point le Bateau-Lavoir, situé Place Emile Goudeau à quelques pas de l’actuel musée, a joué un rôle important dans la naissance de l’Art moderne à Paris. L’art antiacadémique, la liberté, l’esprit de révolution, l’art populaire et le dialogue entre les arts sont les facteurs qui vont stimuler l’arrivée d’un nouveau siècle artistique avec le fauvisme et le cubisme au Bateau-Lavoir.

"Le Bateau Lavoir n’existerait sans doute pas dans l’histoire de l’art si Picasso n’y avait peint dans son atelier en 1907 Les Demoiselles d’Avignon, marquant la création du cubisme.
L’aventure de cet illustre et misérable bâtiment qui périt dans les flammes en 1970 s’intègre dans celle de Montmartre. [...] Sur la place Émile-Goudeau, au 13 de la rue Ravignan, se dressait un bâtiment en bois appartenant en 1867 à un mécanicien serrurier nommé François-Sébastien Maillard. D’abord manufacture de pianos, le baraquement fut le 1er juillet 1889 divisé en ateliers sur les plans de l’architecte Paul Vasseur. [...]
En 1893, Maufra recevait là Gauguin qu’il avait rencontré à Pont-Aven, et dans ce bâtiment surnommé alors « maison du Trappeur », Paul Fort créait son « Théâtre d’art », sans argent et avec des moyens de fortune, révélant des pièces symbolistes de Verlaine, Laforgue, Rémy de Gourmont et Maeterlinck.

C’est en 1904 que Picasso et sa bande d’Espagnols vont révolutionner l’esprit de la maison. Il occupe l’atelier du céramiste Paco Durrio et prolonge sa période bleue misérabiliste en période rose des saltimbanques, pleine d’espérance après sa rencontre avec Fernande Olivier tenant un petit chat devant la fontaine, seul point d’eau au pied de l’escalier. Autour de Picasso se trouvaient Van Dongen venu de Hollande, Freundich d’Allemagne, Modigliani d’Italie, Derain, Vlaminck et plus tard son compatriote Juan Gris. Ajoutons les poètes Apollinaire, Max Jacob, André Salmon qui le portèrent à bout de bras, diffusant ses œuvres tant qu’il resta inconnu.

Ce sont eux qui trouvent le nom Bateau-Lavoir. Max Jacob l’aurait ainsi appelé en voyant du linge à sécher la première fois qu’il y pénétra."

Jeanine Warnod, in Guide des collections du Musée de Montmartre, éd. Somogy, 2016