Le musée
Important lieu de création à Montmartre au tournant du XXe siècle, et à quelques pas du Bateau-Lavoir, les ateliers du 12-14, rue Cortot furent occupés par de nombreux artistes…
Le lieuPierre-Auguste Renoir, Emile-Othon Friesz, Raoul Dufy, Emile Bernard, Charles Camoin, Démétrius Galanis, Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter… C’est à l’emplacement même de ces anciens ateliers de la rue Cortot que le Musée de Montmartre fut fondé en 1960, avec la vocation de faire découvrir l’histoire de Montmartre depuis ses origines et mettre en valeur l’importance du foisonnement artistique de la butte de Montmartre.Le site est composé d’un ensemble de bâtiments du XVIIe siècle : la maison du Bel-Air, construite en 1660, abrite les collections permanentes du musée ; l’hôtel Demarne, hôtel particulier datant de 1680, agrémenté d’une nouvelle façade néoclassique au XIXe siècle, accueille les expositions temporaires ainsi que la reconstitution de l’atelier-appartement de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, qui occupèrent les lieux de 1912 à 1926. Les Jardins Renoir, qui entourent les bâtisses du musée, ont été nommés en souvenir d’Auguste Renoir : le peintre impressionniste y vécut en 1876 et y peignit plusieurs chefs-d’oeuvre, dont Le Bal du Moulin de la Galette, La Balançoire et le Jardin de la rue Cortot. Le musée de Montmartre, qui est “musée de France” depuis 2003, est géré par la société Kléber Rossillon depuis 2011, dans le cadre d’un bail emphytéotique administratif de 53 ans avec la Ville de Paris, et en partenariat avec la société d’histoire et d’archéologie Le Vieux Montmartre, propriétaire des collections permanentes. |
L’histoireIl existe plusieurs Montmartre. En effet, stratégique en temps de guerre, le site « montagneux » et son misérable village se révèlent d’un agréable séjour pour les amateurs de maisons de campagne, et ceci dès la fin du XVIIe siècle. Rue Saint-Jean (devenue rue Cortot en 1864), la maison du Bel Air est l’une d’elles, réputée la plus ancienne de la Butte (vers 1660). De nos jours, il suffit d’en traverser un peu les allées afin d’accéder à l’hôtel Demarne qui, lui, ouvre directement sur la rue. Ces demeures allient le charme d’une situation surplombante et d’une vue dépassant la plaine Saint-Denis aux délices d’un grand jardin discret, bien « loin » de Paris… L’occupation des parcelles de terrain remonte au XVIIe siècle. Il s’agissait alors de petites résidences d’agrément. En 1680, l’habitation, aujourd’hui hôtel Demarne (8-10 rue Cortot), aurait appartenu au comédien de la troupe de Molière, Claude de la Roze, dit de Rosimond (1640-1686). Vers cette époque, composée de deux corps de logis (actuellement joints) et d’annexes, elle se distingue surtout par son jardin et son parterre en terrasse. De la fin du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, différents propriétaires, tous bourgeois parisiens, s’y succèdent. Ils ne manquent pas d’améliorer le confort et d’apporter des extensions à l’ensemble, souscrivant ainsi au développement de l’architecture de l’hôtel particulier, en vogue au XVIIIe siècle. Plus tard, l’hôtel Demarne sera divisé en appartements, tout en conservant sa façade néoclassique sur jardin.Inaugurée à l’automne 2014, sa rénovation est essentielle pour l’actuel musée et permettra d’en accueillir les expositions temporaires. Quant à la maison du Bel Air, il est séparé en deux propriétés distinctes en 1781, celle d’un « marchand fripier » sur rue et celle d’un « marchand épicier » sur jardin. Au XIXe siècle, son morcellement sera consommé avec la multiplication de très modestes logements locatifs. Après quelques nouvelles transformations, il abrite fréquemment les artistes. L’atelier Valadon-Utrillo témoigne de cette autre histoire des lieux, anticonformiste et si peu bourgeoise. Aujourd’hui, l’autre corps de bâtiment situé dans le jardin accueille les collections permanentes du musée ainsi que les bureaux de l’Association Le Vieux Montmartre. | ![]() |
André Salmon célébrait la pérennité du 12 rue Cortot : « Les deux vieilles bâtisses ont résisté à tout. De redoutables essais de transformation des poêles fixes en poêles mobiles n’ont pas réussi de livrer aux flammes la maison portant le chiffre fatidique. Ni les sombres fureurs, ni les pires gaietés d’Utrillo en sa fleur n’auront rien pu contre l’immeuble, jadis bourgeois, et qui ouvre ses fenêtres sur les plus beaux des derniers jardins de Paris. » Promises à la démolition, ces propriétés, sauvées et réunies en 1930, incarnent le pittoresque du site de la butte Montmartre. Un sentiment d’imprévu y rencontre l’Histoire. Par chance, l’installation du musée en 1960 préserve cette fragile poésie entre les deux maisons, dans l’enclos desquelles, souvent rôde, un chat noir.
![]() | La programmationGrâce au programme de rénovation lancé en 2013, l’hôtel Demarne accueille une programmation ambitieuse d’expositions temporaires dans des conditions conformes aux normes internationales muséographiques et répondant aux exigences de conservation préventive. La programmation scientifique du musée s’attache à mettre en valeur l’importance du foisonnement artistique de la butte de Montmartre de la seconde moitié du XIXe à la première moitié du XXe siècle.Le Musée de Montmartre édite pour chacune de ses expositions temporaires un catalogue bilingue rassemblant les contributions et essais de personnalités scientifiques. Chaque exposition donne également lieu à un programme de médiation culturelle auprès des jeunes publics, à une communication d’ampleur, à la création de partenariats institutionnels et à d’autres actions comme des cycles de conférences ou des journées d’études, favorisant le plus grand rayonnement des expositions auprès du public. |

